Lancer ma propre entreprise était la dernière chose à laquelle je pensais lorsque j’ai fini mes études. Comme beaucoup, je rêvais d’un emploi stable, avec un bon salaire, le “statut social” et plein d’avantages.
Mais au fil des années et des expériences, j’ai réalisé que le “9-to-5” n’était plus vraiment pour moi : les magouilles pour bien se faire voir de la hiérarchie, les ordres qui ne font pas de sens, le supérieur complètement incompétent… très peu pour moi. Surtout, j’avais l’impression d’avoir fait le tour et de ne plus vraiment apprendre. Et j’avais besoin d’aller voir ailleurs, idéalement à mon compte.

Mais même sachant tout ça, et avec une très très forte envie de devenir mon propre patron, j’ai continué pendant longtemps à trouver des excuses pour ne pas me lancer.
Parce que vois-tu, l’entrepreneuriat est une chose effrayante. Partir de zéro peut être à la fois excitant et effrayant. Et parce que pour la plupart des gens, les pressions liées au démarrage d’une entreprise sont trop écrasantes, ils vont se contenter de rêver l’entrepreneuriat. Certains vont quand même essayer… mais ils ne dépasseront jamais le stade de la 1ère ébauche du Business Plan.
Attention, tous les entrepreneurs – qu’ils soient aspirants, débutants ou aguerris – ont des craintes. Tout le temps ! Elles surgissent, les mettant au défi, à chaque étape du processus (et je te le dis tout de suite, ce serait bizarre si tu n’avais pas au moins un peu peur).
Mais alors quelle est la principale différence entre ceux qui osent sauter le pas et ceux qui tâtonnent un peu puis retournent tranquillement à leur routine ?
Eh bien les premiers ont réussi à surmonter leur peur. Celle qui provoque la procrastination, les comportements d’évitement et l’inaction.
Je te propose aujourd’hui de passer en revue cinq craintes auxquelles tu devras faire face sur le chemin du démarrage d’une entreprise.
1. La peur de l’échec
La peur de l’échec est l’une des peurs les plus fréquemment rencontrées. Souvent, on a tendance à accumuler des scénarios irréels dans notre tête et à amplifier un problème qui n’existe pas encore : imagine, tu mets tout ce que tu as – tes espoirs, tes rêves et tes finances – dans le démarrage de ta propre entreprise, pour ensuite la voir s’effondrer et partir en fumée…

On ne va pas se mentir, quand on démarre une entreprise, on se met vraiment en danger. Mais en réalité, ce qui nous fait le plus peur ici, c’est le regard des autres « Si j’échoue, les gens vont me prendre pour un raté ». Et tu ne veux pas que les gens te considèrent comme un raté. Et là quand tu y penses, tu te rends compte que ta peur ici, c’est seulement ton égo qui s’exprime.
Mais alors, ceux qui sautent le pas, ils n’ont pas peur de l’échec eux ?
Les entrepreneurs peuvent sembler immunisés contre la peur, mais c’est loin d’être le cas. La différence entre les entrepreneurs et ceux qui ne se lancent pas, est la façon dont ils abordent la peur : certains ont l’impression que la petite voix dans leur tête – celle qui leur chuchote qu’ils ne sont pas assez – est trop grande pour être ignorée. Tandis que d’autres entendent bien cette petite voix, mais ils choisissent de l’ignorer.
Les entrepreneurs qui réussissent sont généralement ceux qui se rendent bien compte qu’il y a une possibilité qu’ils échouent, mais ils continuent quand même.
2. La peur du changement
Comme nous tous – ou du moins une grande partie d’entre nous – tu rêves d’avoir une belle maison, une belle voiture, voyager partout dans le monde, aider les plus démunis…
Mais prends-tu vraiment les risques qui vont avec ou juste, tu te contentes de rêver ta vie en espérant qu’un jour cela se réalisera ?
Je te rassure, tu n’es pas seul.

Pendant ce temps, il y en a d’autres qui prennent leur courage à deux mains et démolissent tous les obstacles qui se mettent sur leur passage et réalisent ce que nous n’avons pas le cran de faire.
Mais alors concrètement, comment faire pour ne pas se laisser dévorer par la peur et passer à l’action ?
D’abord, il faut t’interroger sur ta motivation à changer : pourquoi ? Dans quel but ? Qu’est-ce que je recherche ? S’agit-il d’un nouveau challenge à relever ? Est-ce pour casser la routine ? Ce changement répond-il à un besoin ? Si oui, lequel ? Pourquoi ai-je besoin de ce changement maintenant ? Est-ce le bon moment pour l’amorcer ?
Une phase introspective est nécessaire afin de te préparer au mieux. Plus tu comprends tes motivations, plus tu augmentes tes chances de réussir ton changement.
Cela t’évitera également de tomber dans un des pièges inhérents à la volonté de changer : celle de croire qu’autrement rime nécessairement avec mieux (ça fera l’objet d’un billet un de ces jours) !
3. La peur de ne pas être pris au sérieux
Quand j’ai décidé de me lancer à compte, il y avait cette petite voix dans ma tête qui se demandait si les gens me prendraient au sérieux s’ils me connaissaient vraiment… tu sais le fameux Syndrome de l’Imposteur dont je te parlais ici et ici. Surtout, j’avais peur de ce que mes amis ou ma famille – qui me connaissent depuis toujours – penseraient. J’avais peur qu’ils ne me prennent pas au sérieux. J’avais peur qu’ils rient.
Parfois, la peur du rejet ou du ridicule peut être encore plus prononcée que la peur de l’échec. Nous sommes tellement anxieux de ce que les autres pensent, que nous laissons nos embarras imaginaires nous limiter.
Comment j’ai triomphé de cette peur ?
Au début, je pensais que les gens que je croisais et qui osaient vivre leurs rêves étaient juste des gens naturellement confiants, qui étaient nés pour le succès.

Et au fur et à mesure de mes rencontres, j’ai réalisé une chose : tout le monde se sent « inadéquat » et a cette peur au fond de lui de se faire “démasquer”. C’est la façon dont nous traitons ces sentiments qui détermine jusqu’où nous pouvons aller professionnellement.
Evidemment, dès que j’ai eu la révélation que c’était le problème de tout le monde, la peur a diminué.
Bien sûr certaines personnes penseront toujours que tu es fou de démarrer une nouvelle entreprise et d’entamer une reconversion professionnelle alors même que tu es au top de ta carrière… et elles auront raison : tu es sûrement un peu fou de prendre des risques, de croire en tes talents et de convaincre les autres d’y croire aussi. Mais moi je te dis, accepte ta folie et dis-toi bien que ce sont les fous qui finissent par faire une différence dans le monde.
Et pour en revenir à la réaction de mes proches à ma décision de « réinventer ma vie », non seulement ils n’ont pas ri, mais ils m’ont encouragée à suivre ma voie et surtout, ils m’ont soutenue tout le long (tu serais surpris du nombre de personnes qui veulent t’encourager).
4. La peur des difficultés financières
Manquer d’argent a été l’une de mes grosses peurs quand je me suis lancée à mon compte (je quittais un emploi super bien payé avec plein d’avantages pour me jeter dans l’inconnu). Et me retrouver entrepreneure était un gros défi.
Evidemment, je me lancée à fond pour ne pas me retrouver « fauchée », ce qui signifiait (1) accepter de casser mes prix (cette manie qu’ont les client de wakhaler[1] quel que soit le tarif avancé…) juste pour être sûre de signer ce nouveau client et (2) en faire plus que ce qui avait été signé : en résumé je travaillais plus, pour moins d’argent.
Sauf que, tu t’en doutes, cette stratégie n’étais pas viable et je m’épuisais pour pas grand-chose.
Comment tu peux laisser partir cette peur alors ?
Les finances en entrepreneuriat sont importantes. Que tu débutes dans l’entrepreneuriat (tu crains de laisser un revenu stable) ou que tu essaies de passer au niveau supérieur (tu t’inquiètes d’obtenir du financement pour ta nouvelle entreprise), jongler avec les finances sera toujours un défi et une préoccupation. Réalité qui peut être paralysante et te maintenir dans un état de peur constant… ou alors tu peux l’accepter et y faire face.
Lorsqu’on est entrepreneur, on a tendance à se dire que l’argent représente la liberté : on se dit que plus on en a, plus on est libre. Et plus on avance, plus on a peur de perdre cette « liberté ». Mais t’es-tu jamais demandé ce que tu pourrais faire avec ton business si l’argent n’entrait pas en ligne de compte ?
Je me suis posée la question et la réponse a été que ce que je voulais, c’était gagner de l’argent d’accord, mais surtout d’avoir du fun dans ce que je fais. Et puis j’ai réalisé un point important : la compétence clé d’un entrepreneur est de savoir gagner de l’argent avec ses idées ; et si tu maitrises cela, jamais tu ne manqueras d’argent (walaye je t’assure que ça t’ouvre des perspectives extraordinaires de laisser s’exprimer ta créativité).
Une autre chose (moins drôle je reconnais) qui t’aidera beaucoup à dédramatiser l’argent, c’est de te former à la « gestion financière » et de mettre en place une comptabilité (même basique), ce qui te permettra de prendre le contrôle de tes finances. Et de cette façon, tu auras toujours l’impression d’avoir le doigt sur le pouls de ton entreprise.
5. La peur du succès
Contrairement à la peur de l’échec, la peur du succès – concept quelque peu contre-intuitif selon lequel nous avons peur d’atteindre ce que nous voulons atteindre – est peut-être plus subtil, plus difficile à reconnaître et plus réel que tu ne le crois. Si tu essaies quelque chose et que tu échoues, tu reviens simplement à ce que tu connaissais. Tu n’es seras peut-être pas heureux, mais tu retourneras dans ta zone de confort (et on te félicitera d’avoir essayé).
Alors que le succès, lui, est synonyme de changement (même si c’est le changement que tu as toujours voulu). Si tu essaies et que tu réussis, tu te diriges vers des territoires inexplorés. Les choses sont différentes. Les choses changent.
Le succès signifie aussi souvent que tu as un impact plus important sur un plus grand nombre de personnes. Ce qui, de prime abord, peut sembler formidable mais peut aussi te faire sentir vulnérable parce que tu es désormais davantage sous les projecteurs et que tu as la pression de ne pas décevoir toutes ces personnes qui comptent sur toi.
Comment vaincre ta peur ?
La plupart des gens ont peur du changement. Il est plus facile de trouver une excuse et de ne pas accepter la nouvelle opportunité que de faire face à la peur et à l’anxiété. Et tu sais quoi : c’est ok de reconnaitre que tu as peur. Nous vivons dans une culture où il est jugé inacceptable de dire qu’on a peur. Mais la première étape consiste justement à accepter ce doute et comprendre qu’il est naturel, que tu sois en route pour construire la prochaine licorne ou juste que tu veuilles vivre de ta passion.
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Ne nous y trompons pas, ta vie va changer lorsque tu démarreras ta propre entreprise. Mais la façon dont elle changera dépend de toi. Si tu penses que tu as ce qu’il faut, tu te dois d’essayer. Car au bout du compte, personne ne t’en empêche, sauf toi-même et la seule façon de se lancer est d’être conscient de ses peurs et de les vaincre.
[1] Marchander





