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Freelance, Survivre au quotidien

10 choses à savoir quand tu te lances dans l’entrepreneuriat

Alors j’étais en train de travailler sur mon blog (tu as quand même remarqué que l’adresse et le design ont changé n’est-ce pas ? Et que le blog fait plus pro (enfin j’espère)) et je suis tombée sur ce billet que j’avais posté il y a 5 ans (en 2014… le temps file) sur 10 choses que j’aurais aimé que l’on me dise sur l’auto-entreprenariat avant de me lancer.

Ça a fait remonter des souvenirs de mes premières années dans l’entrepreneuriat en le relisant. Mais surtout, j’ai réalisé que même si l’entrepreneuriat est aujourd’hui à la mode, certaines réalités restent les mêmes pour les entrepreneurs qui se lancent nouvellement. Et je me suis dit que ça serait une bonne idée de le reposter (en le mettant à jour évidemment)

Si donc tu as décidé de te lancer comme entrepreneur, je te représente ici 10 situations, qui m’ont particulièrement marquée quand je me suis lancée à mon compte, et que tu as de fortes chances de rencontrer toi-même (et si tu as déjà lu l’article il y a 5 ans, je suis sure qu’il te fera quand même sourire au souvenir de tes débuts) :

1. Ton entourage pensera que tu es en réalité au chômage…

Dans un pays où, dans l’imaginaire collectif, le summum de la réussite consiste à avoir un CDI et une prise en charge médicale à (au moins) 80%, reconnaître que « non, on ne travaille pas (plus) dans une entreprise, on est à notre compte » et qu’on n’a donc pas de CDI, équivaut à déclarer haut et fort « Je suis au chômage ! ».

Attends-toi donc à recevoir beaucoup de conseils de gens qui n’ont jamais rien réalisé mais qui te parlent « pour ton bien », ou pire des leads pour des positions que tu n’aurais jamais envisagées dans tes pires cauchemars. Je me rappelle qu’à l’époque les gens (plein de bonne volonté et de compassion) venaient me voir pour me dire « j’ai un cousin qui recherche une assistante, je me suis dit que ça pourrait t’intéresser. Da nga si jappa rek, comme amoulo dara[1] »…

Je rappelle que quand je quittais le monde Corporate, j’étais Directrice Commerciale ! Du coup, tu te demandes si la personne en face se moque de toi… avant de réaliser que tu as tendance toi-même à alimenter le flou à ce sujet quelques fois (cf. point #3)

2… Et aussi que, puisque tu es au chômage, tu es maintenant disponible pour assister à toutes les cérémonies familiales et sociales

Tu sais, toutes celles que tu ratais lorsque tu travaillais 10 heures par jour dans ton ancienne entreprise. Sauf que maintenant, tu es entrepreneur et tu es plus proche des 18 heures de travail par jour, entre les prestations clients à boucler, le réseautage obligatoire (déjeuner, afterwork, évènements liés à ton activité… cf. point #5)) et la prospection proprement dite (qui occupera facilement 80% de ton temps, parce qu’il faut bien que tu manges et que tu payes tes factures).

Et tu n’as juste pas la tête à perdre du temps dans des mondanités sans valeur ajoutée pour ton business (de toute façon tu ne penses qu’à ton business, en permanence, même quand tu dors).

3. Parce que vois-tu, tu n’as plus un salaire fixe qui tombe tous les mois.

Du coup, tu vas traverser des périodes de vraie galère.

Bien sûr, certains te diront que, comme sur certaines prestations (rares) tu arrives à gagner – voire à doubler – l’équivalent d’un an de ton ancien salaire en moins de 6 mois, tu n’as qu’à budgétiser pour faire durer tes revenus sur une année et gérer ainsi les périodes creuses.

Sauf que (demande à tes amis économiste) lorsque tes revenus augmentent, ta consommation a tendance à faire de même, mais de manière doublement proportionnelle… Et tu te retrouves inévitablement avec des périodes tellement creuses que tu te demandes s’il ne serait pas préférable de trouver un travail stable ; question que tu soumets naïvement à ton entourage, qui saute ainsi sur l’occasion pour t’orienter vers une nouvelle opportunité totalement bancale, puisque maintenant c’est prouvé : tu es au chômage !

4. Mais malgré l’irrégularité de tes revenus, on te conseillera de casser tes prix au démarrage de vos activités, le temps de te faire connaître.

Erreur fatale !!! En cassant tes prix, tu devras travailler 2 ou 3 fois plus (comme si tu n’en faisais déjà pas assez) pour t’assurer un niveau de vie décent. Et une fois que tu as cassé tes prix, bonne chance pour les faire remonter après ! Même tes nouveaux clients te diront de leur faire le prix ami que tu avais appliqué à la personne qui leur a parlé de toi… Et te voilà coincé !

Surtout qu’en cassant trop tes prix, tu risques d’être touché par le “syndrome du chinois” qui prévaut à Dakar et qui veut que ce qui est proposé à un prix trop bas soit forcément de mauvaise qualité.

Il te faudra donc trouver le juste prix, celui que tes clients seront prêts à payer. De nombreux sites sur le web proposent des conseils aux auto-entrepreneurs pour fixer leurs prix et définir leurs marges. Tu peux en trouver ici ou ici si tu veux creuser la question (les chiffres sont en euros mais le principe reste le même)

5. Même si tu détestes ça, tu auras l’impression de passer ta vie dans des évènements mondains

Et qu’on se le dise tout de suite : ça va profondément te saouler. Surtout que tu travailles déjà comme un malade et que tu te dis que, quitte à ne pas travailler, tu aurais préféré chill dans ton lit, devant une bonne série.

Sauf que le réseautage fait partie intégrante de la fonction d’entrepreneur. Parce qu’au-delà d’agrandir ton réseau de contacts, il te permet de rencontrer des partenaires potentiels, de trouver des ressources qui te manque (argent, RH, technologie, etc.) et aussi, d’être au fait tendances du marché.

D’ailleurs, maintenant que j’y pense, il faudra que je fasse un billet sur le réseautage et comment le rendre efficace. Next week !

6. Tu réaliseras que tu n’as pas besoin d’un bureau physique pour travailler.

Juste : D’un PC. ✔︎ D’un téléphone. ✔︎ D’une bonne connexion internet. ✔︎ D’électricité pour faire tourner tout ça… Huuuumm

Bon, tu as de la chance, pour ce dernier point. Quand j’ai écrit ce billet la première fois (en 2014) on avait encore beaucoup de délestages et une leçon que tous les entrepreneurs avaient apprises à l’époque, c’était qu’il fallait être réactif et profiter des périodes “avec” pour avancer sur son travail. Aujourd’hui, même si on est tous atteint d’une sorte de syndrome post-traumatique (on passe encore notre temps à dire « khamnga, avec Senelec tu n’es jamais sûr »), force est de constater qu’on est quand même bien alimenté. Donc électricité ✔︎

7. Mais la vie de bureau va quand même beaucoup te manquer.

Pour plusieurs raisons. Pour les pauses cafés avec les collègues, les réunions interminables, les guerres d’égo et de positionnement des collègues (même si tu te rendras vite compte que la vie est devenue beaucoup plus reposante loin de tous ces “amis” qui se tirent dans les pattes et dans le dos…), qui te donnaient l’illusion de l’activité.

Mais surtout, parce que travailler de la maison, ce n’est pas évident : quelle que soit les personnes avec qui tu vis, si elles te voient à la maison, elles se disent que tu es disponible pour papoter. Même si tu es concentré sur ta machine et que tu leur as dit que tu travailles sur un projet important et que tu es sur une deadline.

Heureusement, il y a les cafés (connectés) et les espaces coworking (eh oui, on est à la page à Dakar !) qui te permettent de rencontrer d’autres entrepreneurs comme toi (ils rencontrent les mêmes soucis, vous vous croisez donc souvent), avec qui tu peux échanger, ce qui te permet d’avoir un semblant de vie sociale professionnelle.

8. La notion de week-end n’a plus de réelle signification pour toi.

Non seulement tu travailles en horaires décalés,  mais tu as l’impression qu’en changeant de statut, tu as également changé d’espace-temps : autant avant tu te trainais le lundi matin au bureau en tirant une tête de… lundi matin, autant tu as maintenant l’impression qu’on t’a raccourci tes journées et que tu n’arrêtes pas de courir. Du coup, tu te dépêches d’avancer dans tes activités dès le lundi parce que… c’est bientôt le week-end (plus que 5 jours…) et que le week-end, tu dois travailler sur ta stratégie de développement de ton activité, parce que c’est le seul moment où tu peux te concentrer sur autre chose que les clients, les prestations, les employés, etc.

9. Mais ce qu’on ne t’aura pas dit – et que tu seras bien content de découvrir – c’est que tu vas t’éclater comme jamais

Se lancer dans l’entrepreneuriat, c’est (re)devenir vivant. Ça fait un peu cliché dit comme ça, mais tu as enfin l’impression de réaliser quelque chose de concret et de faire une différence. Tu es fier des montagnes que tu es désormais capable de déplacer, de ta capacité à encaisser les coups durs et à avancer malgré les embûches sur ton chemin. Tu es (presque) toujours de bonne humeur et tu vois toujours le bon côté des choses, quelles que soient les difficultés du moment et même quand tu es physiquement épuisé. Et rien que pour ça, tu te dis que ça valait le coup de se lancer dans l’aventure.

10. Et conséquence directe du point #9, tu ne pourras plus t’arrêter une fois lancé.

Tu deviendras limite hyperactif (toi qui avait du mal à te lever le matin, tu es maintenant opérationnel aux aurores) et tu voudras te lancer dans un nouveau projet tous les deux jours (tu te réveilles tous les jours avec une nouvelle idée de business, ça tourbillonne dans ta tête, tu vois des opportunités partout). Et tu réaliseras que finalement, tu l’as peut-être, cet esprit d’entrepreneur qui, tu en étais persuadé jusqu’à récemment, t’avait toujours fait défaut.

Et c’est là que tu te dis “ça y est, je suis un entrepreneur !


Voilà. Si tu as rencontré des situations que tu aimerais partager avec nous (mes autres amis lecteurs et moi), tu sais quoi faire : laisse-moi un commentaire sur le blog ou sur ma page Facebook.


[1] Essaie de te contenter de ça vu que tu n’as rien

Etiquettes : Business mode d'emploiFreelance Survivre au quotidienVie Professionnelle
Mariann K.

L'auteur Mariann K.

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